Insertio

Insertio est issue d'une collaboration avec l'Institut de Ressources en Intervention sociale (IRIS) à Paris. Il s'agit d'une solution pour la réadaptation et la formation en situation de travail. 

 

Pour que toute personne qui ne s'avèrerait pas ou plus employable puisse, si elle le souhaite, le (re)devenir.

  • INSERTIO consiste à proposer aux employeurs intéressés, moyennant le soutien financier nécessaire, d'aménager des emplois adaptés aux capacités et besoins de formation des personnes qui ne maitrisent pas les activités qu'il faudrait qu'elles maitrisent (pour être en mesure d'effectuer le travail que les employeurs auxquels elles s'adressent souhaite confier).

  • Ce n’est guère qu’en emploi en effet - un emploi de droit commun auquel est associée la reconnaissance sociale dont chacune et chacun a besoin - que les personnes concernées peuvent retrouver leur dignité, se reconstruire, et éprouver à travers des situations concrètes, vécues, le besoin de concevoir des projets et de se former pour les mettre en oeuvre. Aussi s’agit-il d’aménager des emplois constitués d’activités que les candidats maitrisent, d’une part, et d’activités qu’ils pourront apprendre à maitriser dans le cadre d’une formation en situation de travail (afest), d’autre part. On ne formera donc pas pour insérer, mais on insèrera pour former. 

  • Tout comme le profil expérientiel, l’afest recourt à la catégorie activité : elle vise la maitrise d’une activité non encore maitrisée. Accompagnée par un formateur interne ou externe, elle comporte deux phases : la mise en situation et la réflexion. La mise en situation consiste à confier l’activité non encore maitrisée alors que la réflexion peut être assimilée à un debriefing. Vivre une expérience de travail ne suffit en effet pas à produire des compétences (la capacité d’exercer une ou plusieurs activités) susceptibles d’être réutilisées dans d’autres situations. Un temps réflexif - hors production - est nécessaire pour tirer les enseignements de ce qui s’est passé, analyser les écarts entre les attendus et les réalisations, et favoriser, expliciter et consolider les apprentissages. Les deux phases - mise en situation et réflexion - étant répétées autant de fois que nécessaire. 

  • Pour octroyer aux employeurs participants le soutien financier dont ils ont besoin pour l’aménagement des postes et la formation, on recourra à l’activation de la dépense passive du chômage supportée par l’aide sociale, laquelle consiste à financer l’emploi plutôt que l’assistance, à payer les chômeurs à faire quelque chose d’utile (pour eux et pour les autres) plutôt qu’à ne rien faire. Cela sur le modèle de Territoires zéro chômeur de longue durée en France.

A contrepied de l'employabilité :
insérer pour former (Olivier Foschia)

Ce que redoutent les adultes n’est pas tant de « retourner à l’école », mais d’y retourner sans garantie que ce retour soit bien l’instrument de leurs projets actuels (...). Cette garantie est manifestement mieux assurée quand le projet de formation naît de la confrontation à la pratique, de la situation de travail et des besoins d’ajustement qui s’y révèlent.

Castra Denis, L'insertion professionnelle des publics précaires, Presses universitaires de France, Paris, 2003