Le projet

L'emploi accessible à toutes et tous

La Suisse romande compte quelque 10’000 personnes à la recherche d’un emploi depuis 24 mois ou plus. 10’000 personnes en souffrance (lire les témoignages recueillis). Les Caritas romandes ont vocation à leur venir en aide ; elles se sont associées pour atteindre un but ambitieux : des « cantons zéro chômeur de très longue durée ». 

Comment y parvenir ? On agit le plus souvent sur la demande, en aidant les chômeurs à s’adapter aux exigences du marché. Et parfois aussi sur l’offre, en subventionnant des emplois réservés à celles et ceux dont le marché ne veut plus (extension de l’offre). Les études suggèrent cependant que les chômeurs de très longue durée font l’objet d’une ségrégation en raison de leur âge, de leur origine ou encore de leur situation personnelle (chômage par exemple …). Ce n’est donc pas que l’on manque d’emplois, mais que certaines personnes en sont systématiquement écartées. Et cela nous incite à explorer une troisième voie : faire évoluer le marché vers des pratiques plus inclusives, par la négociation de l’offre existante. Nous sommes convaincus qu'elle est possible, tant la ségrégation exercée par les employeurs s’avère contre-productive : loin de leur fournir les garanties qu’ils en attendent, elle les prive des perles rares qui, peut-être, se cachent parmi les personnes que d’emblée elle écarte.

 

Nous ouvrirons donc une agence de placement inclusif. D’un design universel*, elle invitera les employeurs à lui confier leurs offres d’emploi en s’affranchissant de tout critère inutilement sélectif pour se concentrer sur leur besoin de recrutement. Elle leur proposera les candidats les plus capables et les plus désireux de répondre à ce besoin - quels que soient leur âge, leur origine, leur situation. Elle le fera sur la base de leur profil expérientiel et en tenant compte, aussi, des ressources d’intégration mobilisables au sein de l’entreprise. Un tel mandat requiert d’excellents outils ; nous les développons avec des hautes écoles, dans le cadre d’une recherche action financée par l’agence fédérale pour l’encouragement à l’innovation.

 

Pour une partie des candidats toutefois, cette négociation de l’offre ne suffira probablement pas. C’est en emploi pourtant, face à des défis professionnels concrets, qu’ils pourraient éprouver le besoin d’apprendre et consentir aux efforts nécessaires pour combler des manques convenablement appréhendés. Une extension de l’offre paraît donc également nécessaire, sous la forme d’emplois adaptés - adaptés aux demandes d’emploi restées en souffrance et, plus encore, aux besoins de formation identifiés. Nous constituerons donc un réseau d’employeurs disposés, moyennant le soutien financier nécessaire, à aménager de tels emplois. En sorte que, pour chaque candidat resté sur la touche, l’agence puisse lancer, auprès de ce réseau, un appel à offres d’emploi adapté en précisant pourquoi ses tentatives de placement sont demeurées sans suite (que ce soit au regard des attentes des employeurs ou au regard de ce que les autres candidats avaient à offrir). Nous créerons un bureau des emplois adaptés qui assistera ces employeurs dans l’organisation de formations en situation de travail, incrémentant périodiquement auprès de l’agence les profils des candidats auxquelles elles auront été dispensées. Et cela jusqu’à ce que chacun d’eux puisse être présenté à un employeur comme le plus capable et le plus désireux d’exécuter le travail attendu - le recours à l’emploi adapté étant à la fois subsidiaire et transitoire. 

 

Enfin, pour financer cette offre, nous solliciterons les autorités compétentes des cantons romands, les mettant au défi de devenir - par la réaffectation de ressources jusque là dévolues à l’assistance - des « cantons zéro chômeur de très longue durée ». 

* Le design universel vise à offrir des environnements, des produits et des services utilisables par tous. De nombreux scénarios d’usagers sont intégrés dès la conception d’un projet pour maximiser l’usage de ce dernier par tous et ne pas dévaloriser certains usagers en mettant l’accent sur leur âge, leur origine, leur handicap, ou encore une situation personnelle particulière (chômage de longue durée, sans domicile fixe) par exemple. 

FAQ

A contrepied de l'employabilité :

insérer pour former (Olivier Foschia)